REGISESO-BURUNDI Quand la réforme commence à produire ses premiers résultats
Économie
Quand la réforme commence à produire ses premiers résultats
Par la Rédaction du Journal Isomo
Pendant longtemps, le débat autour de la REGIDESO s’est résumé à une question simple : quand les Burundais auront-ils enfin une électricité disponible, régulière et accessible ? Aujourd’hui, la réponse ne peut pas encore être définitive, mais une chose est devenue visible : la REGIDESO est engagée dans une transformation profonde de son mode de fonctionnement, de ses infrastructures et de sa vision.
Il serait difficile, et surtout imprudent historiquement, d’affirmer que de Papa, Mike, Juliette et Sierra « Jamais aucun dirigeant précédent n’a rien réalisé ». En revanche, plusieurs réalisations et réformes actuellement visibles constituent des avancées majeures de la période actuelle (CHE RUZIZI III et IV, Grand Mulembwe, importation de l’Energie a partir de l’ Ethiopie et de la Tanzanie , centrale nucléaire, CHE RUVUBU). Pourquoi alors ce brouhaha derrière un technocrate Docteur qui travaille midi et soir pour satisfaire le peuple burundais du courant électrique ?
1. De nouveaux barrages entrent réellement dans le système électrique
L’un des changements les plus importants est l’augmentation de la capacité de production. Le projet Jiji-Mulembwe a permis la mise en service de deux centrales : Jiji, d’une puissance installée de 32,5 MW, de 17 MW. La REGIDESO indique que Mulembwe a commencé à injecter de l’électricité dans le réseau interconnecté dès septembre 2025. Ce n’est donc plus seulement une promesse de construire des centrales : des ouvrages sont désormais construits, mis en service et intégrés au réseau national. Pendant plusieurs années, ce projet stagné de son achèvement jusqu’ à l’arrivée de la nouvelle équipe.
2. Le problème n’est plus seulement la production :
c’est maintenant le réseau qu’il faut transformer
C’est probablement l’un des changements les plus importants dans la compréhension du problème énergétique burundais. La REGIDESO affirme que sa production est désormais supérieure à la demande, mais que la vétusté du réseau constitue encore un obstacle majeur. C’est précisément pour cela que le projet ASCENT prévoit le renforcement et la modernisation du réseau, notamment avec le développement du réseau 30 KV. Autrement dit : le Burundi produit davantage, et il faut maintenant être capable de transporter et distribuer correctement cette énergie. C’est là que réside une partie de l’espoir.
3. Les compteurs et les raccordements commencent à suivre une logique de service public.
En juin 2026, la REGIDESO annonçait avoir reçu plus de 20.000 compteurs électriques dans ses entrepôts de Bujumbura. Quelques semaines plus tard, la distribution et le raccordement des compteurs se poursuivaient dans différentes communes. Ce changement est essentiel : l’électricité ne doit pas seulement être produite dans les barrages ; elle doit arriver dans les maisons, les entreprises, les écoles, les centres de santé et les ateliers. Le citoyen attend précisément ce dernier kilomètre.
4. Une nouvelle culture des marchés publics semble progressivement s'installer.
La transformation de la REGIDESO passe également par sa manière de gérer les acquisitions et les travaux. Les publications officielles de 2026 montrent une multiplication des avis d’appels d’offres ouverts, nationaux et locaux, pour différents travaux et fournitures. Cela ne permet pas, à lui seul, de conclure que toute corruption a disparu. Mais cela constitue un signal institutionnel important en faveur de procédures plus ouvertes et traçables.
La nouvelle logique devrait être claire : un marché public doit être gagné par la compétence, la qualité et le respect des règles, et non par le favoritisme ou le “c’est mon frère, mon ami ou mon proche”. La lutte contre les pratiques de favoritisme doit cependant être évaluée sur des résultats vérifiables, et non uniquement sur des déclarations.
5. La REGIDESO commence à être pensée comme une véritable entreprise stratégique
Le changement le plus profond pourrait finalement être celui-ci : ne plus considérer la REGIDESO comme une simple administration qui distribue de l’eau et de l’électricité, mais comme une entreprise stratégique appelée à devenir performante, financièrement solide et capable de travailler avec des partenaires internationaux.
En décembre 2025, la direction indiquait aux bailleurs du projet Kirasa que la situation financière de l’entreprise s’était améliorée et que sa trésorerie se situait autour de 160 milliards de francs burundais. Elle présentait également plusieurs projets déjà achevés ou opérationnels. Parallèlement, la REGIDESO travaille avec la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, l’AFD et d’autres partenaires sur de grands programmes d’électrification et de modernisation. Le projet d’Accès à l’Énergie Phase II a notamment identifié 93 zones prioritaires pour l’électrification.
6. Le délestage : un défi réel, mais une stratégie est déjà en préparation
Le délestage n’est pas une réalité propre au Burundi. Plusieurs pays voisins ; la RDC, le Rwanda, l’Ouganda, la Tanzanie, la Zambie et le Kenya connaissent eux aussi, à des degrés différents, des interruptions ou des contraintes liées à l’offre, au réseau et à l’augmentation de la demande énergétique. Les données régionales montrent d’ailleurs que la fiabilité de l’électricité reste un défi dans plusieurs pays d’Afrique de l’Est.
Au Burundi, le directeur général de la REGIDESO, Dr Ir Lt Colonel Albert Manigomba, a expliqué que la situation actuelle est notamment liée à la faiblesse des ressources en eau. Mais l’entreprise entend progressivement diversifier ses sources de production, notamment à travers le développement du projet sur l’énergie solaire et l’énergie nucléaire en court de planification. Le Burundi ne peut en effet pas construire son avenir énergétique en comptant uniquement sur une pluviométrie toujours favorable.
Quant au délestage, la logique annoncée consiste également à protéger en priorité les infrastructures stratégiques, notamment les hôpitaux, l’aéroport et les sites dont l’alimentation électrique touche directement à la vie et aux intérêts essentiels de la Nation. Cette priorité est d’autant plus importante que des solutions solaires avec stockage sont déjà expérimentées dans certains établissements de santé burundais pour garantir la continuité des soins. Le délestage reste donc un problème à résoudre, mais les investissements dans l’hydroélectricité, le solaire et la modernisation du réseau donnent une raison supplémentaire de croire que la situation peut progressivement s’améliorer. La REGIDESO doit désormais transformer ces projets en une électricité plus stable, plus accessible et plus fiable pour les citoyens.
Et demain, aurons-nous enfin suffisamment d’électricité ?
C’est la question que se pose chaque famille burundaise. Il faut éviter les promesses faciles : les infrastructures ne se construisent pas en quelques semaines et la modernisation du réseau prendra du temps. Mais les éléments disponibles montrent qu’une partie des conditions nécessaires est désormais en train d’être réunie : nouvelles capacités de production, renforcement du réseau, nouveaux compteurs, électrification de nouvelles localités et mobilisation de financements internationaux.
Le projet d’électrification de 36 localités a déjà permis l’électrification de plusieurs centres, tandis que d’autres programmes visent l’extension du réseau à de nombreuses collines rurales et périurbaines. L’espoir n’est donc pas celui d’une promesse politique abstraite : il repose sur des barrages construits, des lignes en chantier, des compteurs reçus, des marchés lancés et des projets financés.
REGIDESO : le temps de la reconstruction
Aujourd’hui, le véritable défi de la nouvelle direction est de continuer sa maintenance de transformer ces investissements en service quotidien de qualité. Il faut continuer à combattre les détournements, les passe-droits, les branchements frauduleux, les lenteurs administratives et toutes les pratiques qui affaiblissent une entreprise publique. Il faut également garantir que les marchés soient attribués dans la transparence et que chaque franc investi produise le maximum de résultats. Car une REGIDESO forte ne sera pas seulement celle qui construit des barrages. C’est aussi celle qui donne de l’eau au citoyen quand il ouvre son robinet, de l’électricité lorsqu’il actionne son interrupteur, et qui inspire confiance lorsqu’un entrepreneur veut investir au Burundi.
C’est à cette condition que la REGIDESO peut devenir non seulement une entreprise burundaise performante, mais une référence dans la région.
Journal Isomo — Editorial
Publié le 01/10/2026 à 08:41
Par la Rédaction du Journal Isomo
Pendant longtemps, le débat autour de la REGIDESO s’est résumé à une question simple : quand les Burundais auront-ils enfin une électricité disponible, régulière et accessible ? Aujourd’hui, la réponse ne peut pas encore être définitive, mais une chose est devenue visible : la REGIDESO est engagée dans une transformation profonde de son mode de fonctionnement, de ses infrastructures et de sa vision.
Il serait difficile, et surtout imprudent historiquement, d’affirmer que de Papa, Mike, Juliette et Sierra « Jamais aucun dirigeant précédent n’a rien réalisé ». En revanche, plusieurs réalisations et réformes actuellement visibles constituent des avancées majeures de la période actuelle (CHE RUZIZI III et IV, Grand Mulembwe, importation de l’Energie a partir de l’ Ethiopie et de la Tanzanie , centrale nucléaire, CHE RUVUBU). Pourquoi alors ce brouhaha derrière un technocrate Docteur qui travaille midi et soir pour satisfaire le peuple burundais du courant électrique ?
1. De nouveaux barrages entrent réellement dans le système électrique
L’un des changements les plus importants est l’augmentation de la capacité de production. Le projet Jiji-Mulembwe a permis la mise en service de deux centrales : Jiji, d’une puissance installée de 32,5 MW, de 17 MW. La REGIDESO indique que Mulembwe a commencé à injecter de l’électricité dans le réseau interconnecté dès septembre 2025. Ce n’est donc plus seulement une promesse de construire des centrales : des ouvrages sont désormais construits, mis en service et intégrés au réseau national. Pendant plusieurs années, ce projet stagné de son achèvement jusqu’ à l’arrivée de la nouvelle équipe.
2. Le problème n’est plus seulement la production :
c’est maintenant le réseau qu’il faut transformer
C’est probablement l’un des changements les plus importants dans la compréhension du problème énergétique burundais. La REGIDESO affirme que sa production est désormais supérieure à la demande, mais que la vétusté du réseau constitue encore un obstacle majeur. C’est précisément pour cela que le projet ASCENT prévoit le renforcement et la modernisation du réseau, notamment avec le développement du réseau 30 KV. Autrement dit : le Burundi produit davantage, et il faut maintenant être capable de transporter et distribuer correctement cette énergie. C’est là que réside une partie de l’espoir.
3. Les compteurs et les raccordements commencent à suivre une logique de service public.
En juin 2026, la REGIDESO annonçait avoir reçu plus de 20.000 compteurs électriques dans ses entrepôts de Bujumbura. Quelques semaines plus tard, la distribution et le raccordement des compteurs se poursuivaient dans différentes communes. Ce changement est essentiel : l’électricité ne doit pas seulement être produite dans les barrages ; elle doit arriver dans les maisons, les entreprises, les écoles, les centres de santé et les ateliers. Le citoyen attend précisément ce dernier kilomètre.
4. Une nouvelle culture des marchés publics semble progressivement s'installer.
La transformation de la REGIDESO passe également par sa manière de gérer les acquisitions et les travaux. Les publications officielles de 2026 montrent une multiplication des avis d’appels d’offres ouverts, nationaux et locaux, pour différents travaux et fournitures. Cela ne permet pas, à lui seul, de conclure que toute corruption a disparu. Mais cela constitue un signal institutionnel important en faveur de procédures plus ouvertes et traçables.
La nouvelle logique devrait être claire : un marché public doit être gagné par la compétence, la qualité et le respect des règles, et non par le favoritisme ou le “c’est mon frère, mon ami ou mon proche”. La lutte contre les pratiques de favoritisme doit cependant être évaluée sur des résultats vérifiables, et non uniquement sur des déclarations.
5. La REGIDESO commence à être pensée comme une véritable entreprise stratégique
Le changement le plus profond pourrait finalement être celui-ci : ne plus considérer la REGIDESO comme une simple administration qui distribue de l’eau et de l’électricité, mais comme une entreprise stratégique appelée à devenir performante, financièrement solide et capable de travailler avec des partenaires internationaux.
En décembre 2025, la direction indiquait aux bailleurs du projet Kirasa que la situation financière de l’entreprise s’était améliorée et que sa trésorerie se situait autour de 160 milliards de francs burundais. Elle présentait également plusieurs projets déjà achevés ou opérationnels. Parallèlement, la REGIDESO travaille avec la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, l’AFD et d’autres partenaires sur de grands programmes d’électrification et de modernisation. Le projet d’Accès à l’Énergie Phase II a notamment identifié 93 zones prioritaires pour l’électrification.
6. Le délestage : un défi réel, mais une stratégie est déjà en préparation
Le délestage n’est pas une réalité propre au Burundi. Plusieurs pays voisins ; la RDC, le Rwanda, l’Ouganda, la Tanzanie, la Zambie et le Kenya connaissent eux aussi, à des degrés différents, des interruptions ou des contraintes liées à l’offre, au réseau et à l’augmentation de la demande énergétique. Les données régionales montrent d’ailleurs que la fiabilité de l’électricité reste un défi dans plusieurs pays d’Afrique de l’Est.
Au Burundi, le directeur général de la REGIDESO, Dr Ir Lt Colonel Albert Manigomba, a expliqué que la situation actuelle est notamment liée à la faiblesse des ressources en eau. Mais l’entreprise entend progressivement diversifier ses sources de production, notamment à travers le développement du projet sur l’énergie solaire et l’énergie nucléaire en court de planification. Le Burundi ne peut en effet pas construire son avenir énergétique en comptant uniquement sur une pluviométrie toujours favorable.
Quant au délestage, la logique annoncée consiste également à protéger en priorité les infrastructures stratégiques, notamment les hôpitaux, l’aéroport et les sites dont l’alimentation électrique touche directement à la vie et aux intérêts essentiels de la Nation. Cette priorité est d’autant plus importante que des solutions solaires avec stockage sont déjà expérimentées dans certains établissements de santé burundais pour garantir la continuité des soins. Le délestage reste donc un problème à résoudre, mais les investissements dans l’hydroélectricité, le solaire et la modernisation du réseau donnent une raison supplémentaire de croire que la situation peut progressivement s’améliorer. La REGIDESO doit désormais transformer ces projets en une électricité plus stable, plus accessible et plus fiable pour les citoyens.
Et demain, aurons-nous enfin suffisamment d’électricité ?
C’est la question que se pose chaque famille burundaise. Il faut éviter les promesses faciles : les infrastructures ne se construisent pas en quelques semaines et la modernisation du réseau prendra du temps. Mais les éléments disponibles montrent qu’une partie des conditions nécessaires est désormais en train d’être réunie : nouvelles capacités de production, renforcement du réseau, nouveaux compteurs, électrification de nouvelles localités et mobilisation de financements internationaux.
Le projet d’électrification de 36 localités a déjà permis l’électrification de plusieurs centres, tandis que d’autres programmes visent l’extension du réseau à de nombreuses collines rurales et périurbaines. L’espoir n’est donc pas celui d’une promesse politique abstraite : il repose sur des barrages construits, des lignes en chantier, des compteurs reçus, des marchés lancés et des projets financés.
REGIDESO : le temps de la reconstruction
Aujourd’hui, le véritable défi de la nouvelle direction est de continuer sa maintenance de transformer ces investissements en service quotidien de qualité. Il faut continuer à combattre les détournements, les passe-droits, les branchements frauduleux, les lenteurs administratives et toutes les pratiques qui affaiblissent une entreprise publique. Il faut également garantir que les marchés soient attribués dans la transparence et que chaque franc investi produise le maximum de résultats. Car une REGIDESO forte ne sera pas seulement celle qui construit des barrages. C’est aussi celle qui donne de l’eau au citoyen quand il ouvre son robinet, de l’électricité lorsqu’il actionne son interrupteur, et qui inspire confiance lorsqu’un entrepreneur veut investir au Burundi.
C’est à cette condition que la REGIDESO peut devenir non seulement une entreprise burundaise performante, mais une référence dans la région.
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