LA CHUTE DU DOLLARD AU BURUNDI

LA CHUTE DU DOLLARD AU BURUNDI

Économie

La chute du dollar sur le marché parallèle devient inévitable.

L’analyse des réformes économiques en cours, des décisions monétaires de la Banque de la République du Burundi et de l’évolution récente du marché des changes permet d’anticiper une poursuite de la baisse du dollar américain sur le marché parallèle, avec une convergence progressive vers le taux officiel. Cette tendance marque une rupture nette avec la période de forte spéculation observée ces derniers mois.

Il y a environ quatre mois, le dollar américain avait atteint un pic historique avoisinant les 8 000 francs burundais sur le marché parallèle. Aujourd’hui, il s’échange autour de 6 000 francs, signe d’un retournement de tendance déjà bien engagé. Cette baisse n’est pas passagère mais s’inscrit dans une dynamique structurelle portée par des réformes économiques et monétaires profondes.

La Banque de la République du Burundi a renforcé l’encadrement du marché des changes à travers plusieurs mesures et circulaires visant à limiter la spéculation, améliorer la traçabilité des devises et rétablir la discipline bancaire. L’autorisation encadrée de l’utilisation du yuan chinois dans certaines transactions commerciales, notamment avec la Chine, constitue une avancée majeure. Cette diversification des monnaies de paiement réduit la dépendance au dollar américain et diminue la pression sur sa demande.

Un autre changement important réside dans la transparence accrue des exportations. Pour la première fois, les ventes officielles de minerais sont réalisées dans un cadre formel, avec communication des quantités vendues et des recettes attendues. Cette démarche renforce la confiance, améliore la disponibilité des devises dans les circuits officiels et réduit l’attractivité du marché parallèle.

Ces avancées s’inscrivent dans une politique globale de réformes économiques soutenue par l’introduction du budget-programme, qui limite les détournements et renforce la gestion axée sur les résultats. La lutte contre la corruption et les malversations économiques contribue également à assainir l’environnement financier et à freiner les pratiques spéculatives.

Le rôle du président de la République, Évariste Ndayishimiye, est déterminant dans cette dynamique. À travers des décisions politiques claires, un soutien affirmé aux réformes économiques et une volonté constante de promouvoir la bonne gouvernance, il a favorisé un climat de stabilité et de confiance. Son leadership a permis une meilleure coordination entre les institutions économiques et un repositionnement du Burundi sur la scène régionale et continentale.

Cette dynamique est renforcée par l’organisation de nombreuses réunions régionales et continentales au Burundi, témoignant d’un retour progressif de la confiance diplomatique et économique. À partir du mois de février, l’accession du président Évariste Ndayishimiye à la présidence de l’Union africaine constituera un signal fort pour les partenaires internationaux et pourrait faciliter les échanges économiques et financiers.

Au regard de ces éléments, les projections indiquent que le taux du dollar sur le marché parallèle pourrait descendre autour de 4 000 francs burundais d’ici la fin du mois de mars 2026. Cette évolution traduirait la poursuite de la baisse actuelle et une normalisation progressive avec le taux officiel de la Banque centrale.

Dans ce contexte, les acteurs qui conservent des dollars dans l’espoir d’une nouvelle hausse s’exposent à des pertes. Les indicateurs disponibles montrent que la phase de spéculation touche à sa fin et que la tendance baissière du dollar sur le marché parallèle devrait se poursuivre, portée par des réformes économiques structurelles et une gouvernance renforcée.

Tresor Mutwale
Publié le 29/01/2026 à 10:12
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