Reponse de Maitre Bashirahishize sur son point de vu politique de S.E le President NEVA
Général
Maître Bashira,
Le peuple africain en général et Burundais en particulier prennent acte de votre analyse concernant la présidence tournante de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de l’Union africaine, désormais assumée par le Président de la République du Burundi.
Permettez-moi néanmoins d’apporter quelques clarifications.
1. Sur la nature de la présidence tournante
Vous avez raison sur un point fondamental : la présidence de l’Union africaine n’est ni un pouvoir supranational ni une autorité hiérarchique au-dessus des États. Elle est une fonction de coordination, d’impulsion politique et de représentation, encadrée par l’Acte constitutif et les règles internes de l’institution.
Chaque État conserve sa souveraineté et dispose d’une voix égale dans les délibérations. Il n’existe effectivement pas de « voix prépondérante » attachée au Président en exercice.
Cependant, réduire cette fonction à un rôle purement protocolaire serait tout aussi inexact. Dans la pratique diplomatique, la présidence tournante joue un rôle d’agenda-setter, d’animateur des priorités stratégiques et de facilitateur des compromis politiques au sein du continent.
2. Sur la légitimité et la représentation
Qualifier l’accession d’un Chef d’État à la magistrature suprême nationale de « mascarade électorale » relève d’une appréciation politique. Mais au niveau continental, ce sont les États membres eux-mêmes — souverains et égaux — qui reconnaissent et siègent aux côtés de leurs pairs.
L’Union africaine fonctionne sur la base de la reconnaissance interétatique, non sur la validation par des oppositions nationales ou des commentaires extérieurs. C’est une réalité diplomatique, non une opinion.
3. Sur la communication institutionnelle
Toute présidence tournante suscite, dans le pays concerné, un certain élan symbolique. Cela ne signifie pas que l’on prétende que cette fonction résoudra mécaniquement les défis internes.
Il est évident que les problématiques économiques et sociales du Burundi — comme celles de nombreux pays africains — ne disparaîtront pas par le seul effet d’une responsabilité continentale. La lutte contre la pauvreté, les tensions sociales ou les difficultés d’approvisionnement exige des réformes structurelles internes.
Mais faut-il pour autant dénigrer une responsabilité diplomatique continentale qui peut renforcer la visibilité du pays, élargir ses partenariats et consolider son poids stratégique ? L’un n’exclut pas l’autre.
4. Garder la mesure
Vous appelez à « garder les pieds sur terre ». Sur ce point, le consensus est possible.
Oui, la présidence de l’UA n’est pas une baguette magique.
Oui, les solutions aux défis nationaux doivent d’abord être construites à l’intérieur du pays. Mais transformer un mandat continental en objet de dérision systématique ne sert ni le débat démocratique ni l’intérêt national.
En définitive, la présidence tournante est une responsabilité collective confiée par les pairs africains. Elle ne confère ni pouvoir absolu ni immunité politique, mais elle impose une obligation de hauteur, de diplomatie et de responsabilité.
Le débat politique est légitime. L’acharnement, lui, n’élève pas le niveau de la discussion.
Publié le 16/02/2026 à 08:50
Le peuple africain en général et Burundais en particulier prennent acte de votre analyse concernant la présidence tournante de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de l’Union africaine, désormais assumée par le Président de la République du Burundi.
Permettez-moi néanmoins d’apporter quelques clarifications.
1. Sur la nature de la présidence tournante
Vous avez raison sur un point fondamental : la présidence de l’Union africaine n’est ni un pouvoir supranational ni une autorité hiérarchique au-dessus des États. Elle est une fonction de coordination, d’impulsion politique et de représentation, encadrée par l’Acte constitutif et les règles internes de l’institution.
Chaque État conserve sa souveraineté et dispose d’une voix égale dans les délibérations. Il n’existe effectivement pas de « voix prépondérante » attachée au Président en exercice.
Cependant, réduire cette fonction à un rôle purement protocolaire serait tout aussi inexact. Dans la pratique diplomatique, la présidence tournante joue un rôle d’agenda-setter, d’animateur des priorités stratégiques et de facilitateur des compromis politiques au sein du continent.
2. Sur la légitimité et la représentation
Qualifier l’accession d’un Chef d’État à la magistrature suprême nationale de « mascarade électorale » relève d’une appréciation politique. Mais au niveau continental, ce sont les États membres eux-mêmes — souverains et égaux — qui reconnaissent et siègent aux côtés de leurs pairs.
L’Union africaine fonctionne sur la base de la reconnaissance interétatique, non sur la validation par des oppositions nationales ou des commentaires extérieurs. C’est une réalité diplomatique, non une opinion.
3. Sur la communication institutionnelle
Toute présidence tournante suscite, dans le pays concerné, un certain élan symbolique. Cela ne signifie pas que l’on prétende que cette fonction résoudra mécaniquement les défis internes.
Il est évident que les problématiques économiques et sociales du Burundi — comme celles de nombreux pays africains — ne disparaîtront pas par le seul effet d’une responsabilité continentale. La lutte contre la pauvreté, les tensions sociales ou les difficultés d’approvisionnement exige des réformes structurelles internes.
Mais faut-il pour autant dénigrer une responsabilité diplomatique continentale qui peut renforcer la visibilité du pays, élargir ses partenariats et consolider son poids stratégique ? L’un n’exclut pas l’autre.
4. Garder la mesure
Vous appelez à « garder les pieds sur terre ». Sur ce point, le consensus est possible.
Oui, la présidence de l’UA n’est pas une baguette magique.
Oui, les solutions aux défis nationaux doivent d’abord être construites à l’intérieur du pays. Mais transformer un mandat continental en objet de dérision systématique ne sert ni le débat démocratique ni l’intérêt national.
En définitive, la présidence tournante est une responsabilité collective confiée par les pairs africains. Elle ne confère ni pouvoir absolu ni immunité politique, mais elle impose une obligation de hauteur, de diplomatie et de responsabilité.
Le débat politique est légitime. L’acharnement, lui, n’élève pas le niveau de la discussion.
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